jeudi 9 février 2017

A l'est, du ciné

09.02.2017

Berlin accueille pour la 67e année consécutive le Festival International du Film de Berlin. Souvent considérée comme moins populaire que ses concurrents cannois et vénitien, la Berlinale fascine par son histoire.

48ème Berlinale en 1998.
48ème Berlinale en 1998.• Crédits : PEER GRIMM / DPA - AFP
Aujourd’hui s’ouvre la 67e édition du Festival International du Film de Berlin au Theater am Potsdamer Platz. Premier grand festival de cinéma à voir le jour chaque année – avant ses deux concurrents, Cannes en mai et Venise en septembre – la Berlinale a toujours été en prise avec l’actualité. Jusqu’en 1978, le festival avait lieu en été, puis, dans une volonté de concordance du calendrier des festivals, s’est vu déplacé en février. Inchangée depuis la première édition, la récompense suprême prend la forme de l'Ours d'or. Tour d'horizon historique d'un festival de cinéma bien singulier et éminemment engagé.

La Berlinale, « vitrine du monde libre »

Nous devons la naissance du festival berlinois aux Alliés occidentaux, et plus précisément, à l'initiative d’Oscar Martay, un officier américain affilié au gouvernement du secteur américain à Berlin, à qui il incombait de relancer l'industrie du cinéma berlinois. En 1951, la ville de Berlin, tout comme l’Allemagne, était divisée en quatre secteurs. Ces derniers ont été répartis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale entre les quatre grands vainqueurs : les Soviétiques, les Américains, les Français et les Britanniques.
Lors de la première édition le 6 juin 1951 à Berlin-Ouest, le message est clair : pour les Américains, la Berlinale se doit d'être « une vitrine du monde libre » et apporter une « touche de glamour » dans un Berlin-Ouest gris mais enfin délivré de l'influence soviétique. Un début paradoxal lorsqu'on le compare à l’image actuelle du festival, qui se veut loin des paillettes. En 1951, le choix du film d’ouverture Rebecca d’Alfred Hitchcock est symbolique puisque lors de sa sortie en salles aux Etats-Unis en 1940, les Nazis avaient interdit sa diffusion en Allemagne. Cette sélection s’inscrit aussi dans la volonté affichée de promouvoir avant tout des films de l’Ouest dans une ville profondément divisée.
"Lors de sa première édition, l'Allemagne de l'Ouest comptait quelque deux millions de chômeurs, et des milliers de Berlinois vivaient encore dans des abris de fortune." Peter Cowie auteur de The Berlinale - The Festival.

L'actrice Susanne Cramer devant le Zoo Palast Cinema lors de la Berlinale en 1957.
L'actrice Susanne Cramer devant le Zoo Palast Cinema lors de la Berlinale en 1957. • Crédits : Getty
En 1954, le festival commence timidement à se doter d'une dimension internationale. Les premières grandes personnalités du monde de la culture répondent à l'invitation : Sophia Loren, Yvonne de Carlo, Jean Marais ou encore Vittorio de Sica. Cette édition contraste nettement avec la précédente de 1953, qui s'était retrouvée paralysée par l'insurrection ouvrière à Berlin-Est et qui n'avait donc eu qu'un faible retentissement dans le monde. Il faudra attendre 1956 pour que le festival se dote d’un jury international et 1958 pour qu’il obtienne le statut « A », qui le fait accéder à une reconnaissance internationale dans le monde cinématographique.

1962-1988 : une ouverture progressive vers l'Est

La construction du Mur de Berlin le 13 août 1961 bouleverse l’équilibre qu’avait trouvé la Berlinale. Avant le Mur, les Berlinois de l’Est pouvaient visionner les films en compétition lors de projections spéciales et bénéficiaient d’un tarif réduit. Un an plus tard, lors de l’édition de 1962, aucun film de l’Est n’est à l’affiche. Il faudra attendre douze ans pour que le festival s’ouvre à tous : en 1974 est projeté le premier film soviétique de l’histoire du festival. Un an plus tard, le cinéaste est-allemand Frank Beyer participe à la compétition et un membre soviétique rejoint le jury. En 1985, pour la première fois, un film est-allemand Die Frau und die Fremde remporte l’Ours d’or. Enfin, en 1988, le festival célèbre un film de Chine Populaire signé Zhang Yimou.
Mais dans les années 70, l’emprise américaine sur la sélection de films reste forte comme le montrent les principaux scandales qui prirent place à Berlin. Si le Festival de Cannes s’interrompt en 1968 pour cause d’émeutes, c’est deux ans plus tard que la Berlinale connaîtra son plus grand scandale. Le film O.K de l’Allemand Michael Verhoeven qui montre le viol et le meurtre d’une Vietnamienne par des soldats américains provoque un tollé dans le public et chez certains membres du jury. Ce dernier décide de le retirer de la compétition, ce qui scandalise de nombreux réalisateurs et journalistes. Le jury démissionne et le festival se voit annulé deux jours avant la remise des prix. Plus tard, en 1979, c'est Voyage au bout de l’Enfer de Michael Cimino sur la guerre du Vietnam qui provoque un scandale et plusieurs pays socialistes décident de se retirer du festival. Il aura fallu de nombreuses années et la chute du Mur de Berlin pour que le festival se forge une identité apaisée.

Un festival engagé en prise avec l'actualité


Charlize Theron pendant la 66ème Berlinale le 15 février 2016 à Berlin.
Charlize Theron pendant la 66ème Berlinale le 15 février 2016 à Berlin. • Crédits : Gisela Schober - Getty
Nul doute, la Berlinale est devenue le lieu de fortes revendications politiques et sociales. L’édition 2016 s’était engagée à dénoncer la gestion de la crise des réfugiés. Cette année, à travers la programmation, le président du festival Dieter Kosslick veut placer l’événement sous le signe « du courage et de la confiance ». «Un fantôme plane, pas seulement en Europe : le désarroi face à l'échec patent des grandes utopies et au désenchantement du monde. Ni le capitalisme ni le communisme n'ont tenu leurs promesses de rendre le monde plus juste. Rarement le programme de la Berlinale n'aura autant résumé en image la situation politique actuelle » résume-t-il.
Farah Keram


Source:
  https://www.franceculture.fr/cinema/la-berlinale-festival-porteur-dhistoire#xtor=EPR-2-[LaLettre09022017]
 

mardi 24 janvier 2017

Oedipe et tatouages

Un premier film plein d'énergie que je vous recommande vivement:


Un récit d'émancipation âcre et brutal, plein de fureur et de tatouages, avec une très belle prestation de l'acteur vu dans Les Combattants de Thomas Cailley.

mercredi 18 janvier 2017

Cold war on ice

Nouvelle sortie à l'Ariel par un froid de canard (encore merci aux valeureux parents qui nous accompagnés). Cela dit, la météo correspondait tout à fait au film de ce soir, le documentaire de Gabe Polsky sur la Red Army, l'équipe nationale de hockey de  feu l'Union Soviétique. Passionnant,  le parcours de Viatcheslav Fetissov, capitaine de cette équipe, entré en hockey comme en religion à l'âge de 8 ans, qui a joué pour le pouvoir soviétique, s'est rebellé contre lui,  l'a vu s'écrouler, a goûté au rêve américain, pour finalement devenir ministre des sports de Vladimir Poutine (lequel n'est pas beaucoup plus enclin à la démocratie que les dirigeants de jadis...)
Un certain regard sur la Guerre Froide et sur les enjeux du sport à cette époque-là.


Dictature et résistance

Quelques films qu'il est bon d'avoir vu dans le cadre du cours d'allemand (mythes et héros, lieux et formes du pouvoir) mais aussi pour sa culture générale et tout simplement pour le plaisir ( et même si la bande-annonce de l'Armée des ombres ne rend pas justice à cet immense chef d'oeuvre):







Et en cadeau, deux références de  livres :






L'adaptation cinématographique de Seul dans Berlin ayant des allures de gros pudding indigeste, elle est selon moi très évitable ;-))

samedi 7 janvier 2017

Projection

Hier, projection au Havre du film allemand et du film français, un petit aperçu à l'aide des affiches de ces films. Une nouvelle aventure Kinema commence...





Tatsachen über... Frankreich

Une fois n'est pas coutume, une coutume française - que nous célébrons actuellement avec enthousiasme- que les Allemands aiment aussi beaucoup.



Allez, comme c'est la nouvelle année, je suis sympa, je vous mets également la version française:



Viel Spaß und guten Appetit!

lundi 2 janvier 2017

Bonnes résolutions de nouvelle année


Bon, malgré l'accent à couper au couteau, vous comprendrez sans doute les bonnes résolutions prises par ce sympathique Bavarois.